Il n'y a pas si longtemps, le
Sud de la France était la seule et unique
destination qui faisait rêver et par conséquent déplacer en masse tout ce que l'
Europe comptait de grimpeurs.
A force de restriction du terrain de jeu, de développement limité de nouveaux spots et de modifications des attirances et des styles de grimpe, la mode s'est déplacée sur l'
Espagne et ses sites immortalisés par les cadors de
la résistance déversante interminable (
Santa Linya,
Oliana,
Margalef,
Siurana, ...).
L'imagination représente
Barcelone comme le nouveau centre de ce monde de falaises baignées de soleil et cafi de
colonettes.
Erreur, l'eldorado est bien en
Catalogne
mais à près de 180 km plus au sud, autour de
Lleida .
A proximité de
Barcelone, la capitale catalane, c'est carrément un massif culminant à 1236 mètres qui domine au
loin l'autoroute :
Montserrat. Et nul colonettes en vue ou autres concrétions, c'est le royaume du conglomérat
(poudingue plus ou moins fin) avec incrustations de petits cailloux.
Moins médiatisé de nos jours et pourtant, son approche est un choc pour le grimpeur : une montagne rocheuse s'étire sur plusieurs kilomètres dressant ses aiguilles émoussées, ses murs compacts
fragmentés de lignes flagrantes de fissures. L'immensité du terrain de jeu occupe le contenu de trois topos distincts (les photos ne montrent ici qu'une face du massif). La majorité se décline en
grandes voies plutôt moins équipées que la tendance moderne à la
sauce française (=
qui a dit sur-équipées ? 
). Dans une pareille immensité, les secteurs de couennes existent aussi et même des voies extrêmes.
Face à une telle déferlante de rocher, comment choisir sa voie ? Simple, le bitard géant du
"Cavall Bernat"
exerce une attraction magnétique sur l'esprit du conquérant vertical. Viennent ensuite les fissures géantes parcourant des lignes directes jusqu'à la crête et enfin, on s'intéresse à ces dalles et
murs de conglomérats compacts qui sont sans doute plus aisés à escalader. D'après les commentaires, le rocher demande une certaine adaptation et il convient de s'y familiariser un cran en-dessous
son niveau habituel (surtout avec l'engagement local). Certains noms s'ancrent dans la mémoire :
"la Momia", "l'Elephant", "la Salamandre", "le Gorro Friggi", ...
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Le monastère de Montserrat s'est fait envahir par le béton, les funiculaires, ... pour l'accueil des touristes-pélerins.
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L'hyper-fréquentation des lieux n'est pas à mettre sur le dos des grimpeurs mais plutôt des touristes.
La majorité des convois encombrants les lacets de la route se destinent au fameux monastère de
Montserrat, lieu de pélerinage de "la Vierge Noire" apprécié des catalans.
Autour du lieu de recueillement dominant toute la vallée jusqu'à
Barcelone et la mer, les aménagements pour accueillir la foule ont dénaturé ce promontoire.
Heureusement, cette
"verrue" bétonnée est cachée
derrière le flanc de la colline et se dévoile au dernier moment pour le touriste s'approchant depuis le parking (payant).
Sur la route, d'autres monastères apparaissent dans un élan architectural plus harmonieux avec les constructions d'origine.
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Les marches vers le ciel sur l'esplanade du monastère
de Montserrat dominent la vallée jusqu'à Barcelone.
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Même éloigné des grands sites énumérés à longueur de chroniques web, une visite à l'exubérante et festive
Barcelone
peut se conjuguer admirablement avec une expérience inoubliable à
Montserrat en tutoyant les sommets montagneux ...
ou spirituels.
Quelques liens :
Le site en catalan, espagnol ou anglais sur le massif de
Montserrat (nouvelles voies).
Un descriptif et les propositions d'encadrement (français) à
Montserrat et en
Catalogne.
La description avec énormement de photos de la voie
"Punsola-Reniua" sur le
Cavall Bernat.
Une vidéo du Cavall
Bernat (admirez l'équipement des rappels !).