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Bienvenue sur le blog de la Compagnie des Moniteurs d'Escalade du Littoral !

Marseillais, Aixois, Aubagnais, Ciotadens, quelque soit l'origine, nous sommes tous animés par la même passion de l'escalade libre. Les articles traiteront principalement des sorties en rocher avec des photos et encore des photos.

Puisqu'il y a du soleil toute l'année en Provence et que nous sommes heureux d'y vivre, c'est évidemment nos belles falaises du sud qui sont visitées régulièrement.

Et puisque le centre du monde vertical est à Marseille, les Calanques et toutes les falaises phocéennes seront à l'honneur. En amoureux transi du rocher, nous irons même jeter un oeil hors de nos frontières ...

La C.M.E.L., c'est aussi une association qui cherche à aménager notre environnement pour la pratique de notre sport favori (Clean Up Day de La Ciotat). Le blog permettra d'en rendre compte.

Bonne lecture à tous les grimpeurs internautes !!!

 

  

P.S. :

Pardonnez une facheuse tendance à laisser le retard s'accumuler dans la publication des articles !

Mais la description d'une voie ou d'un secteur est relativement intemporelle ... peu importe la date d'édition !

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Contacts C.M.E.L.

Pour toutes demandes d'informations, questions et autres, vous pouvez contacter (remplacer les mots en majuscules : AROBASE, POINT, par leur symbole) : 

 

  • Olivier Didon par mail : didon POINT olivier AROBASE gmail POINT com

                                     ou par téléphone : 06 19 14 01 01

  • Jean-Philippe Dalbavie par mail : jeanphi.dalbavie AROBASE wanadoo POINT fr

                                  ou par téléphone : 06 09 89 64 91

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La Compagnie des Moniteurs d'Escalade du Littoral vous offre ses services pour un encadrement en escalade, canyon, via ferrata, parcours accrobatique. Retrouvez le détail des prestations de "nos professionnels au service de votre passion" sur la page dédiée aux moniteurs C.M.E.L. 

 


 

  Saison 2012/2013 : compétition "Blocs qu'on teste" ouverte à tous. Rendez-vous mensuels les vendredis soirs à partir de 19h (le calendrier sur la page Compétition)  à Bloc Session de La Ciotat et finale en avril !


Les autres salles de la région sur la page des salles d'escalade phocéennes.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

Quelques soient les opinions quant au choix du système de protection, le Parc National des Calanques est bien là (signature officielle en avril 2012).


La place des activités douce de pleine nature comme l'escalade est défendue par l'association "Des Calanques et des Hommes". Historique des actions depuis 2009 sur la page "Avenir de l'escalade dans le Parc National des Calanques".
 


 

 


 

 

 


 

5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 13:24




Flash spécial :

Réalisé sur un immense panel de moins de 10 enfants représentatifs des grimpeurs en herbe campant cet été à Ailefroide, un sondage exclusif livre ses résultats sans appel  :
La jeunesse plébiscite le bloc, ses efforts courts et intenses pour un plaisir immédiat, tout en reposant les pieds très vite sur le sol ferme .
"La couenne ? Ouais à la rigueur pour cocher un 7a ; les grandes voies, quelle horreur, trop long, trop ch... mais le bloc, oui, y a k'ça !"






 



Alors, avant de descendre à la piscine de l'Argentière La Bessée ou de pédaler à fond sur les chemins du camping, il est possible de faire un raid vers les blocs du parking puis sous les arbres pour moins suinter au soleil.
C'est l'occasion aussi de se régler avant le prochain T.A.B. ...




 

Attention à la prise main gauche qui se fragilise !



 
 
 





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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:23


Dans le pré du camping d'Ailefroide, l'oisiveté s'insinue insidieusement jour après jour . La frénésie de grimper ou de courir partout est moins forte chaque matin, surtout après une semaine à ce régime.
Alors quand vient le moment de poser la question sur le programme de la matinée lors du petit déjeuner : "on va faire une grande voie ?", les réponses évasives se disputent aux refus clairs et nets.
Poussant le tour de table jusqu'à la plaisanterie vers les plus jeunes des campeurs, l'espoir jaillit de Lucas, du haut de ses 9 ans, qui acquiesce avec aplomb et détermination.
Un regard vers ses parents qui n'oppose aucun veto et l'affaire est entendue : pour grimper, OK ! Pour assurer , OK seulement s'il n'y a pas de chute à enrayer , surtout d'une masse largement supérieure à 70 kg . Seuls les rappels ne sont pas encore assimiler.
Dans l'intervalle, un grimpeur plein d'expérience (le solide Gilles) vient s'ajouter à l'équipe et donc, assurer la part manip' et ... bonne humeur.
Direction la paroi de la Draye en vertue de sa sortie à la cool sur le chemin pour descendre à pied, de ses nombreuses échapées pour s'arrêter quand on veut.


Approche express en VTT pour dérouiller les cuisses avant d'errer longuement au pied de la falaise à la recherche d'une voie libre.
Evidemment, à 12h, toutes les cordées du camping sont déjà actives et les processions ainsi formées rivalisent dans chaque ligne facile de la Draye : "Chaud Biz", "Two Hot Men", "Remonte-pente direct".

Finalement avec seulement 3 cordées visibles et déjà à deux longueurs au-dessus du sol, le choix se porte sur "Two Hot Men", une grande voie de l'infatigable Jean-Michel Cambon qui en rallongeant la voie initiale "One Man Chaud" a doublé aussi le nom de celle-ci.

Sur ce pan droit de la face, le style est à la dalle couchée avec quelques passages plus fissurés dans des portions  presque verticales : 6a max, 5c obligatoire, 180 mètres.





  En L1, comparatif entre le "jeune pousse" et le "vieux lion". 



Sur la dalle, Lucas court littéralement sur le granit. Une inquiétude quant au passage à bras ? Aucune ! Le poids plume s'envole et ne s'embarrasse pas d'une quelconque éthique sportive à l'approche d'une dégaine : saisie à deux mains pour se relancer encore plus vite.
A ce rythme effréné, c'est Gilles qui risque l'essoufflement .



   



Dans le premier ressaut, la voie serpente en 4 longueurs entre dalles et fissures .
L'inattention peut faire dévier de la bonne trajectoire en fin de deuxième longueur vers le relais perché à droite de "Chaud chichon". Le relais de "Two Hot Men" est caché sur la gauche de L2.

Une courte liaison dans les arbres (première échappatoire possible) mène au pied du deuxième ressaut pour deux longueurs de dalle sombre : adhérence maximum !

Alors que la jonction avec les cordées précédentes s'opère, quelques exclamations admiratives jaillissent et félicitent le brillant Lucas de son aisance sur le rocher.



Au relais, la communication inter-générationnelle avec Gilles fait feu de tous bois dans des réparties savoureuses.
 




Après la seconde vire, le dernier ressaut doit être vite avalé même avec une longueur de 6a traversant le long d'une fissure (une lecture attentive sera récompensée d'un bac caché loin à droite ).
A 9 ans, on peut avoir de l'enthousiasme pour grimper mais il ne faudrait pas trop que ça dure ; la patience a des limites tout de même.





 La course pour arriver le premier au sommet !
 


A la sortie, les gâteaux sont bien mérités et la descente sur le sentier de la Draye offre de beaux points de vues.
2h30 d'escalade sympa !



Bilan et conseils :

Une cordée de trois avec un enfant de moins de 10 ans est l'idéal pour assurer convenablement (à partir de 11 ans, ils peuvent assurer seuls dans une voie facile où l'adulte n'ira pas risqué une chute ).
"Two Hot Men" est une voie bien adaptée pour grimper avec les enfants : peu de difficulté physique, bon équipement, échappatoires possibles. Attention, aux nombres de longueurs !
Comme pour toute activité continue et parfois monotone, 2h est une durée limite. Au-delà, l'envie est émoussée et il faut trouver des animations distinctes : un bon blagueur comme Gilles par exemple .









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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 11:06


Le littoral méditerranéen s'étendrait-il jusqu'aux confins orientaux et nordiques du pays ? La Ciotat, l'épicentre de la C.M.E.L. se serait-il déplacé de quelques centaines de kilomètres vers l'Allemagne ?
A en croire la fréquence des articles sur l'Alsace et ses falaises cramoisies , on pourrait croire que la Compagnie des Moniteurs d'Escalade du Littoral a ouvert une annexe au pays du vin sirupeux et de la gastronomie fortifiante.
En plein été, c'est justement la conjugaison de deux pics d'activités phares de la région qui donne l'occasion de prolonger un week-end sur place : l'escalade bien sûr mais aussi les "foires aux vins" se succédant dans les villages-producteurs.

Evidemment, ces évènements nous seraient inaccessibles sans la communication de notre envoyé spécial bleausard Vincent Scharwatt dont les origines alsaciennes exigent quelques visites régulières au pays ... pour se ressourcer.


Première étape : le décrassage sur un site clé en main de l'arrière-pays obernois : Klingenthal. (topo et commentaires des voies sur le site de Serge Haffner ou dans la dernière édition 2009 du topo des Vosges du Nord).

Après notre grès inimitable de l'Etoile Noire, celui magique de Fontainebleau et le mal-connu de Berdorf, le périple du grès se poursuit donc ici (dans cette perspective, il restera à visiter Annot et La Capelle ...).


"Les mécomptes de la bécasse" 6b
 
Vincent dans la grande classique : "Le Pilier de Barr" 6a+.
 
Au bord du grand mur rouge, les écailles sont plus profondes pour "Parfum exotique" 6b classique et très beau !
 



Les murs rouges à règles, plus ou moins plates ou rondes suivant l'origine plus ou moins artificielle de la falaise (falaise naturellement érodée ou ancienne carrière comme ici), sont une base de l'escalade alsacienne : force, technique, placements pour ces voies plutôt résistantes.



Néanmoins, au sommet d'une colline, dissimulée sous la futaie des arbres hauts perchés des Vosges, le grimpeur en mal d'exercice musculo-physique dont les entrainements sur pan le rendent dépendant, pourra s'adonner à la répétition des itinéraires haletants de la grotte du Brotsch.



Les connaisseurs connecteront leurs souvenirs avec les photos de Yann Corby et consorts ("Blanc d'essai", "Le traité de déversification", "Homotopie du segment A-B", "Le cosmos par la porte de la minéralité", ...) : les traces blanches marbrant le support foncé de cette voute illustrent la gestuelle féroce de ces innombrables connexions en tous sens.




Après quelques filets de sueurs évacués sur les falaises, le grimpeur pourra s'adonner à un plaisir voisin : participer à une de ces dégustations collectives des crus locaux (les foires aux vins), simples prétextes à une fête géante en compagnie de plusieurs centaines d'adeptes.




Elles se succèdent tout l'été d'un village de vignerons à un autre mais n'ont pas toute la même réputation. Les locaux seront d'une grande utilité pour orienter vers les plus festives.
Même si la vente de bouteilles s'interrompt vers 1h du matin, la fête se finit tard et il est prudent de rester sur place pour dormir : les banquettes de voiture se transforment allègrement en couchettes. Difficile dans ces conditions d'envisager une séance de croix le dimanche ; ce sera plutôt "Bretzel" et "Efferalgan".


 
 
 




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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 10:56




Le couvercle est reposé sur la Provence et l'incubateur entre en action. La pression étouffante monte et fait rouler la sueur sur les peaux asphyxiées des phocéens (et même de toute la France). Les grimpeurs se cloitrent dans leur cuisine à la recherche d'une climatisation de fortune : le frigo grand ouvert pour glaner un chouïa de frais .

Rien de tel qu'une oxygénation extérieure dans le Grand Nord, le Vrai, celui loin au-dessus du Nord des Ch'tis, au-dessus de Berdorf, loin, très loin, là où personne ne s'aventure de son plein gré . Celui des aurores boréales, du Père Noël, des hordes de rennes, des trolls mais aussi des walkyries blondes, de la calotte glaciaire (on s'approche du frigo ).
Perdu dans ces immensités, Guillaume Demanse, étudiant en stage pour l'été au fin fond de la Norvège (c'est là-haut le Grand Nord), nous envoie quelques images rafraichissantes (c'est l'effet cascade du torrent ?).
Loin des fjords sauvages laissant paraitre les Calanques comme de simple résurgence dans une miette de caillou blanc, des sites épars de blocs ou de couennes du pays, l'instinct du grimpeur provençal réagit à la vue de ces affleurements à peine émergés de leur mousse pour aligner deux ou trois mouvements.



 




Ca y est !!! Vous sentez ce souffle frais qui se dégage de votre imagination !!!

 
 
    





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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 10:23


Quand un haut-jurassien comme Vincent Morlet fait un jour ses armes de grimpeur dans les falaises phocéennes, même son exil durable dans le Valais Suisse ne peut effacer l'appel du rocher et le doux crissement des chaussons.
Submergé de programmes d'entraînement et de courses multi-sports centrées sur l'endurance et le dénivelé, les séquences en escalade sont espacées mais toujours épiques.

Profitant de son accession à la maturité des grands sages de l'Alpe , sa plume s'affine et son style rebondit au rythme de ses foulées de trailer. Nouvellement promue dans sa mailing-list, la C.M.E.L. adopte ce nouveau rédacteur, spécialiste des courses en montagne, trails, rollers, ski de fond et accessoirement, maître ès "tirage de dégaines".

L'occasion nous est donnée de revenir sur une répétition où cette qualité (l'A0), fruit d'une étude approfondie sur toutes les parois des Calanques, fut d'une grande utilité ... surtout quand l'estomac ne se contente pas d'être tordu par une légitime angoisse face au vide mais handicap suprême, quand il se convulse en réponse à l'attaque indélicate d'une intoxication alimentaire.





Il y a très longtemps, dans une très lointaine contrée, hors des frontières du Comté de Provence :

Je me réveille après une courte et chaude nuit (oui, c'est la canicule !!!) ... avec la boule au ventre .
 Et cette fois-ci, ce n'est pas le stress de grimper avec Gwen dans une voie horrible , mais une vraie douleur qui, je l'espère, va passer rapidement.
 Rendez-vous est pris au bord du lac d'Annecy, sous les falaises des Grandes Suites qui dominent ce beau panorama aux teintes turquoises.




[ ADDITIF Octobre 2009 :

Suite à un éboulement (?), un chantier de réaménagement du sentier est en cours :
Accès Grandes Suites :"07/10/2009 Il y a des problèmes d'accès à la falaise des Grandes Suites. Récemment, des grimpeurs se sont retrouvés dans un chantier chaotique, terrassements et abattages d'arbres, le chemin ayant disparu ! Ce chantier est bien entendu interdit d'accès et la police municipale a fait comprendre qu'il faudra trouver un autre accès."
Lu sur le
site Escalade en Haute Savoie ! ]





  Pour assouvir sa boulimie de longueurs tout en préservant l'impératif du 6a max, Gwen a porté son choix sur la voie "Harmonie" [180 m, 6a+ max, 5c obl., éq. en goujons. La classique la plus abordable de cette face] qui traverse la falaise de gauche à droite ... ce qui ne me rassure qu'à moitié.
 Petite marche d'approche mais le coeur n'y est pas ; le ventre me taraude ...
 




Depuis Annecy, longer le lac par le nord sur la D909. Dépasser Veyrier-du-lac et poursuivre vers Bluffy. A 1 km après le carrefour de Menthon-Saint-Bernard, ne pas rater à gauche (en épingle en montée) la route en corniche ; elle est juste avant la longue enfilade où le demi-tour sera impossible. Se garer aux containers à verres. Depuis le parking, remonter la rue jusqu'à ce carrefour (photo ci-contre à gauche) : "Chemin de la Merle" ;"Mont Barret" . Emprunter cette montée et le chemin qui grimpe entre les maisons puis longe ces alpages (image ci-dessous).



  Dans le bois, les cairns indiquent les carrefours qui mènent au pied de la face. Longer (à main droite) en passant sous ces surplombs massifs.

Le départ se fait par une des longueurs du secteur équipé en ring "carré" Cassin.





Cette première longueur prend pied sur une vire pleine d'herbe et d'arbre. Le relais est à l'extrémité gauche du câble (photo ci-contre à droite ; repérer la branche taillé en tabouret ).
 





Je fais un tour derrière les buissons (une tradition ) avant de suivre Gwen dans la première longueur. La mise en route est difficile et cela ne s'arrangera pas.


 



Sur la vire (jardin ?) de la première longueur !

Au départ de la 2ème longueur, un pas de bloc à bras (photo à droite) !

Ce pin résiste à la fréquentation de cette plateforme du relais en fin de L3.




Le sourire est là mais demeure assez crispé.

Gwen profite de cette voie qui est certainement jolie
[rocher compact, style varié : gouttes d'eaux, blocage physique, surplomb, lecture dans la dalle]. Il prend soin de sortir à vue toutes les longueurs (en masquant bien quelques tremblements inopportuns) et je m'applique à bien tirer sur toutes les dégaines sous son objectif vigilant ... afin de vérifier la solidité de l'équipement (évidemment) !




Les longueurs L2 et L3 peuvent se combiner en gérant bien les dégaines.


Les Grandes Suites - "Harmonie" L2+L3 from CMEL on Vimeo.




Du relais confortable R3 (ci-dessus) jusqu'à la fin de L4 (ci-contre).

  Après une grosse écaille décolée (menaçante ?) en L5, les prises sont plus rassurantes.





J'ai hâte d'être en haut.
Les difficultés s'ajoutent au mal de ventre. Heureusement, reste le plaisir de l'aventure verticale dans un site nouveau avec un fidèle partenaire.






 
Dernière longueur en dalle à prises isolées demandant une lecture tout en patience et observation (photo à gauche) !

Ensuite, c'est le commentaire de l'arrivée au sommet :

Les Grandes Suites - "Harmonie" Sortie sur le plateau from CMEL on Vimeo.

 




On atteint le sommet ... enfin !
Je mange alors une pomme et une barre pour essayer de calmer mon ventre dont la douleur s'intensifie.

 



 


Descente d'abord à pied, petite vire cablée avant d'atteindre les rappels. Je n'ai plus la tête à ça et Gwen me le fait remarquer, je suis un peu perdu aux relais ... Il gère les manip' ! Je vois à peine le saisissant fil d'araignée d'un des rappels !




Descente à la voiture. On se congratule : "Merci "Guidos" ... une de plus ... joli rocher, jolies dalles ...".
J'essaie de forcer l'évacuation de ces sournois parasites hors de mon estomac mais rien n'y fait.
Echange de souvenirs : moi, les photos de mon expé au Mc-Kinley, Gwen, celles du Jubilé de Guy Morizot, l'illustre initiateur marseillais de grimpeurs estampillés fac'.
 
L'histoire ne s'achève pas ainsi : c'est alors l'heure du retour, lequel se révélera laborieux.
Je suis plié en quatre, fatigué. Ca bouge dans mon ventre [Alien, le retour ? ].
Je fais une pause au bout d'à peine 20 minutes sur une aire d'autoroute : une sieste, mais ça va pas ... Puis une heure plus tard, pareil.
J'atteins péniblement Argentière où je peine à m'acheter un Coca. Pause au col de Montets. Je rejoins enfin Saillon, la maison où je vomis la pomme et la barre de midi.
La nuit se résume à un calvaire : j'hésite à aller à l'hôpital et pourtant ce n'est pas mon genre.
J'opte pour le repos et un jeune de 30 heures. La douleur se calme au petit matin, puis il faudra 3/4 jours pour que ça disparaisse complètement.  Le Trail de Verbier dans une semaine ne s'engage pas au mieux mais finalement, je ferai une bonne course.

Vins.





[En tous cas, la compassion suscitée par son état a profité à notre ami qui, non seulement n'a pas effrayé une charmante visiteuse (rdv prévu de longue date), mais en plus, a débuté avec celle-ci une relation harmonieuse partagée entre neige et dénivelé ]


 
 
 
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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 12:52


Epicentre d'une zone appauvrie en site majeur, Berdorf attire une foule de grimpeurs venant de toute l'Europe : Luxembourg (les locaux mais pas forcément les plus nombreux), Belgique, Pays-Bas, Allemagne, France.
Un tel succès s'accompagne d'une sur-fréquentation (largement palpable au printemps quand les vacances et jours fériés se chevauchent) et des inconvénients qui en découlent : forte érosion des sols, disparition de la flore endémique (lichens, mousses).

Le Ministère de l'Environnement luxembourgeois a donc pris depuis 2002 des dispositions pour freiner cette affluence démesurée sans arriver à l'extremité de l'interdiction.
L'escalade est autorisée sur une zone très limitée et concerne les secteurs historiques. Ils ont été parfaitement rééquipés en scellements et relais chainés. La signalisation rappelle bien les limites d'autorisation.

D'autre part, une contrainte administrative vient ralentir les envies des visiteurs : l'obtention d'un permis d'escalade.

 

 

 

 

 




A la formulation des recommandations, on sent la concertation avec les grimpeurs. Les termes correspondent bien à notre jargon.
A noter le paragraphe sur la magnésie dont la copie et l'application en France serait la bienvenue : emploi raisonné de la magnésie et pas de trait sur les prises, brossage à la descente.
 

Paru en mai 2009, le topo de Berdorf recense toutes les voies du site avec présentation sur photos. Les illustrations sont en grande partie celles de Sam Bié qui a shooté à foison lors de son passage pour l'article de Grimper N°108. Coup de foudre en une seule visite ?!!

 

 

 

 


Vu de loin, ce dispositif du "permis d'escalade" apparait comme une restriction et suggère la falaise "à péage" réservée à certains mais dans le détail, il n'en est rien. C'est simplement une formalité administrative qui a l'effet de décourager certains adeptes peu motivés. Cela permet d'un peu réduire l'affluence et surtout de communiquer quelques règles d'usage : pas de feu, pas de nouveaux équipements, peu de magnésie, ...

C'est une formalité (gratuite) car dans les conditions énoncées par le ministère (pas de groupe "commerciaux", cordée de 3 maximum), il n'y a aucun refus. Le document est à télécharger sur le site du Ministère de l'Environnement (format Word ou format PDF). Il suffit de l'imprimer, le remplir et l'envoyer à l'adresse indiquée. Facile

Il faut simplement s'y prendre très en avance : 3 semaines avant son départ est un délai confortable car il faut compter au minimum une quinzaine de jours avant la réception par la poste du permis.
La demande est valable pour 4 week-ends maximum. Au-delà, il faudra en faire une nouvelle.

Les faibles contrôles encouragent de nombreux grimpeurs à venir sans permis. Mais, il est vraiment très simple de jouer le jeu surtout quand on vient de loin et que la visite est planifiée à l'avance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au parking, les consignes sont répétées et les zones autorisées décrites précisement.

 

 

 


La falaise ne s'étire pas comme un ruban continu à la mode ceüsienne par exemple, mais avec de nombreux renfoncements, piliers, murs et tours.
Le grès est pur et compact : pas trace de galets enchassés ni de zone de poudingue.
Le grain est plus fin qu'à l'Etoile Noire et se rapproche de celui de Bleau.
L'adhérence est donc extra ! Le style est essentiellement à la continuité avec des prises franches. La géologie locale à base d'élévations successives du terrain a provoqué des cassures et effondrements en autant de fissures géantes, dièdres, dévers et aussi surplombs. Tous les styles se cotoient (sauf les pinces de colonnettes ).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Secteur "Minimops".
 "Sachsenriss" 5c au secteur "Takla Makan".  Secteur Scheffelchen : un morceau de rocher détaché de la falaise qui reste souvent libre ; et pour cause, ces voies faciles et courtes ne semblent pas côter sur la même échelle que le reste du site : en gros, ce sont les plus dur voies en 4 du coin avec adhérence fine et prises rondes.  Roman dans "Amitié" 6a+ du secteur "Bleausard". Les voies sont conti' sur de superbes prises travaillées par l'érosion mais toujours profondes.

 

 


Comme nous l'avons cité plus haut, les beaux week-ends du printemps regorgent de grimpeurs européens. Toutes les langues se cotoient dans un volume sonore digne des plus grandes salles d'escalade .

Si vous aimez cette ambiance avec son nuage de magnésie, ses cris d'encouragements ou de déceptions, sa promiscuité (jusqu'au 6c, une cordée dans toutes les voies ; grimpeurs collés les uns aux autres) ou ses rapprochements inévitables avec des grimpeuses au teint rosé,  alors précipitez-vous les week-ends chargés de mai-juin !

La foule se déverse dès 9h30 jusqu'au crépuscule.

Si vous aimez choisir votre voie dans la tranquilité, grimper au rythme du chant des oiseaux , communier avec la nature en embrassant le rocher, alors étudiez attentivement le calendrier et les zones de vacances de chaque pays. La visite en semaine sera sûrement préférable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Sortie dégagée au-dessus de la forêt au secteur "Gentiane".

 

 


En débutant au secteur "Gentiane", on tombe en enchantement pour ce site : toutes les voies sont belles et on a envie de les enchainer une par une. A part quelques voies bien bloc (que peu de grimpeurs font ; il suffit de discuter avec son voisin pour connaitre les fausses pistes), il n'y a rien à jeter.

Pour ce que nous avons testé, les cotations du topo 2009 nous semblent assez commerciales (et nos références sudistes sont déjà bien sur-évaluées ) surtout si on a la conti' dans les bras .
En dénigrant son plaisir à clipper le relais, on peut retirer une lettre en général aux cotations jusqu'au 7a (à vérifier pour les voies plus dures) mais l'avantage est d'avoir une évaluation homogène de la difficulté.

Dans cette situation, l'humilité du néophyte découvrant une nouvelle falaise fait place à l'enthousiasme du croiteur et les paliers montent : on peut vraiment tenter à vue son niveau max avec de grandes chances de passer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


En matinée et avant l'arrivée massive de la foule, Anja sort de "Dreyfus" 4c , une des voies les plus longues de Berdorf dépassant juste les 30 mètres.





Les voies faciles sont prise d'assaut et à moins d'attendre patiemment son tour, il faut venir tôt le matin pour en gravir une.

Dans le style des ouvertures pionnières, la "cheminée Dreyfuss" 4b s'aventure tantôt d'un côté tantôt de l'autre dans cette gorge qui est un test de souplesse pour ceux qui ne veulent pas forcer.

[Additif avril 2016 : Jean Dreyfus, l'ouvreur de cette cheminée dans les années 1950, est décédé le 30 mars 2016 (communiqué de M. Demangeat). ]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
Relais au secteur Gentiane.
   Le grès, roche tendre par excellence !
Ici, le frottement lors du passage de la corde sous le relais a creusé ses gorges ; impressionnant !
 "Bibi" 6b+ au secteur "Isatis" ; une ligne exceptionnelle dans un mur raide mais caffi de bacs ou de règles correctes. Un effort conti' qui vaudrait peut-être 6a+ par chez nous ? Superbe !

 

 

 


En moyenne d'une vingtaine de mètres, la hauteur des voies varie de 10 à 30 mètres. Avec une corde de 60m, on doit passer dans 80% des voies et partout avec une 70m. Pour certaines voies, 14 dégaines sont nécessaires (équipement rapproché en général). On pourra toujours échanger avec son voisin(e)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ci-contre à gauche : cordées multiples au secteur "Gentiane".
Ci-dessus : Secteur Tempête .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ombeline dans "Lézard" 4a+ du secteur "Gentiane" ; un beau dièdre fissure avec quelques mouvements à bras.
 
"Neelchen" 6a au secteur "Gentiane".
 "Korallenpfeiler" 6a toujours au même secteur.
 Saskia dans le crux de "Neelchen" : un blocage sur verticales pour aller chercher une prise ronde en sortie puis se rétablir.    
"Cima Ovest" 7c au secteur "Nikita". Du costaud, ça existe aussi à Berdorf et c'est tout aussi fréquenté que les voies en 5-6.

 

 


Les bons choix de voies sont simples : ce sont celles où il y a du monde, donc, presque partout !
Le morceau de rocher où la foule ne met pas les pieds sera logiquement l'emplacement des voies les moins jolies ; ce qui ne veut pas dire qu'elles ne sont pas intéressantes (souvent, des pas techniques déroutants au pays de la continuité).

Si vous voulez un guide des voies recommandées ou des témoignages avisés, voici quelques liens sur Berdorf :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Dans la rubrique Berdorf, des photos et les combinaisons dures sur le site de Noé Berger, l'équivalent luxembourgeois de notre Enzo Oddo national ou du tchèque Adam Ondra ; c'est à dire un ado-mutant !

 

 

  • L'avis des bloggeurs de Pofroad sur leur séjour express à Berdorf.

 


En conclusion, même désemparé au fin fond de la frontière lorraine, l'espoir n'est pas perdu et il faut absolument visiter ce site magique de Berdorf.
Avec près de 160 voies à grimper, le séjour sera long !




   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 11:07



La L.A.G. (Ligue des Amoureux du Grès) nous avait prévenu : il existe des falaises de ce divin caillou au-delà des frontières de la Lorraine. Même le magazine Grimper s'en est fait l'écho dans ses pages. Dingue

Mais quel phocéen osera franchir la seuil extrême de son territoire à hauteur de Valence et s'aventurer si près du "cercle polaire" dans des zones de No man's land ?


Les explorateurs les plus téméraires ont sans cesse repoussé cette limite :
  • Fontainebleau, c'est le grès gris ; on connait : le TGV nous sécurise et réduit bien la distance.
  • L'Alsace avec son grès rose. S'hasarder aussi loin de nos bases ne fut possible que par l'entremise d'un guide local en la personne de l'expatrié Vincent Scharwatt. Cette destination est dorénavant identifiée et étiquetée favorable en été !
Mais jusqu'où aller ? ...

... dépasser les horizons énigmatiques de Nancy, Metz ? Mais qu'existe-il plus au nord ? ... ???
Thionville ...
Et ensuite ? Fini le territoire français, place à l'exotisme , aux différences culturelles ...

D'une campagne verdoyante, aux paysages de plaines à bosses et de douces vallées, se forme le Luxembourg !
Un pays prospère de la taille d'une région française !
A moins d'une heure de Thionville, dernière étape franco-française s'étend la très touristique région dénommée :  "la Petite Suisse luxembourgeoise".
Aux confins nord du Grand Duché, à deux pas de la frontière allemande, Berdorf est la destination de toute l'Europe et la patrie du "grès vert".



 





Evidemment, dévorer du "carbone" uniquement pour cette destination est inconcevable à l'époque du grimpeur éco-responsable (10h de route depuis Marseille) mais profiter d'une étape dans la région pour faire le saut de puce chez nos voisins est beaucoup plus appréciable (ou convenable).





Accès :

De Thionville, prendre l'autoroute vers le Luxembourg. La frontière est vite arrivée. Au porte de la capitale, prendre l'autouroute A1 qui contourne Luxembourg par l'Est (direction Trier ; Aéroport ; Echternach).
Prendre la sortie 8 en direction d'Echternach sur la nationale N11.
Traverser plusieurs villages puis quitter cette nationale à gauche par la CR137 fléchée vers Berdorf.

Depuis le centre du village, il y a deux parkings :
  • rejoindre le camping "Caravaning - Parc Martbusch" (point de vente du topo 2009 et brochures de randonnées) : à gauche au premier carrefour important dans Berdorf, prendre la CR364 vers Müllerthal. Sur cette rue, continuer tout droit en suivant les panneaux du camping. Se garer sur les places entre le camping et le terrain de foot. A pied, prendre la piste qui poursuit la route en longeant le terrain de foot sans descendre. Dans la forêt, un large chemin quitte cette piste vers la gauche jusqu'au pied de la falaise.
  • dépasser le premier carrefour du centre-ville (avec la CR364) et prendre à gauche la rue juste devant le Café-restaurant Lenert (panneau en direction de Birkelt et Hammhaff). Rouler tout droit pour sortir du village. Au milieu des champs, au carrefour en patte d'oie, prendre la route à gauche jusqu'au parking en lisière de forêt (les panneaux de réglementation de l'escalade ne laisse aucun doute). S'engouffrer à pied dans la forêt en suivant les panneaux. Visiter les "7 gorges" avant d'arriver au pied de la falaise de Wanterbaach (le nom du ruisseau).


 



En guise de falaise, c'est un tout petit échantillon d'un affleurement de grès long de plusieurs kilomètres. Il marque le sommet de la vallée de la Sure (ou Sauer en version allemande), rivière-frontière avec l'Allemagne.
La conservation (ou défense) du milieu naturel est très rigoureuse et les grimpeurs ont été cantonnés sur quelques centaines de mètres autour du couloir formé par le ruisseau Wanterbaach.

La région est extrêmement fréquentée en premier lieu par des randonneurs qui longent les parois dans un enchevêtrement de tours, de couloirs, de défilés tout aussi ludiques que splendides.
Le vert se décline dans tous les espaces : en l'air provenant des arbres, des feuilles, sur le rocher recouvert de mousses et sur le sol.
L'ombre est omniprésente. Très appréciable quand il fait chaud, l'inconvénient lié est principalement le moustique (prévoir un répulsif quand on grimpe).


En arrivant au site d'escalade, une ballade dans le dédale des "7 gorges" ne retardera pas le début de votre séance : à peine 5 minutes pour faire le tour de ce labyrinthe naturel (bien fléché). Les claustrophobes angoisseront à l'idée d'un resserrement de ces murailles .




30 cm de large : passage de profil (sans trop d'embonpoint) et en glissant le sac à dos à sa suite.
 
   



Les itinéraires sont très bien fléchés et des guides de promenade détaillés se trouvent dans les points de diffusion touristique (comme l'accueil du camping du Parc Martbusch).

Entre deux journées d'escalade, le repos actif peut être l'occasion d'une belle boucle pour découvrir ces multiples tours, abris naturels (distance sur mesure de 5km à 15 ou 20km, ...).


Déjà bien atténuée par la forêt, la lumière peut se réduire assez pour gêner votre reportage photo (surtout avec un compact automatique) :  pose longue, flou artistique ...



   



  Panneau bilingue de partout ! Aucun risque de se perdre !


    Des passages secrets avec échelles, barreaux, ... pour atteindre des lieux dits qui font rêver les enfants de tout âge !






La culture allemande est enracinée ici (la frontière est à 10 minutes) et renforce la sensation de dépaysement. Cela donne une vraie impression de vacances.
Le plaisir est totale quand on ajoute le bénéfice de s'exprimer en français avec n'importe lequel des locaux : du dépaysement mais facilité par un langage commun. Super !






Quelques liens sélectionnés :



 



Après la découverte des lieux, place à l'escalade sur la falaise de Wanterbaach : à lire dans l'article suivant ...

 
 
 
 
 

 
 


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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 13:39

Au coeur de la forêt de Fontainebleau, certains sites d'escalade concentrent des arguments défavorables :
  • ♦ la proximité de la route nationale entre Barbizon et Fontainebleau charriant un volume important de décibels motorisés (heureusement atténué par les arbres et la densité des boules de rochers qui agissent comme un mur anti-bruit).
  • ♦ Le parking déversant une foule de randonneurs, joggers, VTT-istes, grimpeurs et autres usagers en promenade dans la forêt (heureusement diluée rapidement dans différentes directions).
  • ♦ Les déchets éparpillés sur le sol par cette même foule d'usagers (sans parler du produit de leurs besoins naturels) .
  • ♦ Les résidus (capotes entre autres) des rencontres nocturnes très agitées, dissimulés derrière les premiers blocs.

A la lecture de ce tableau idyllique, qui voudrait passer une demi-journée au site du Cuvier ?

Et pourtant, le succès ne faiblit pas pour le site le plus fréquenté de la région (et fréquenté est à mettre à l'échelle de la plus grande ville de France toute proche : c'est donc beaucoup de bloqueurs !).
A croire que le rocher ici est d'une qualité telle que les grimpeurs oublient tous les inconvénients.
Et bien, c'est le cas :
  • ♦ la finesse du grès ,
  • ♦ la beauté de l'escalade ,
  • ♦ la richesse de la gestuelle
  • ♦ la proximité du parking permettant de grimper vite,
  • ♦ les réceptions sur un tapis de sables amortissants,
  • ♦ les passages historiques et références du bloc bellifontain
  • ♦ et le nombre de blocs abordables à extrêmes.
Tous ces éléments font du Cuvier le rendez-vous incontournable des Bleausards.



Même par une journée maussade de mai, à 9h30, le parking est déjà envahi.

En habitué, Vincent Scharwatt nous fait profiter de ses connaissances.

 

Echauffement aisé pour certains et impossible à décoller pour d'autres. Question de niveau !!!


Fontainebleau - Bas Cuvier (mai 2009) from CMEL on Vimeo.
  La découverte d'une variante dans la méthode est l'occasion de se frotter une nouvelle fois avec le premier 6A de la forêt : "La Marie Rose".
  Pour la vidéo, Vincent retourne dans ce bloc référence de 5 mouvements (ouvert par Robert Paragot et non Lucien Bérardini ) : "La Joker" 7A.
  



Le Bas Cuvier est déjà un réservoir de blocs. Si votre progression vous lasse de l'ensemble, à deux pas, la suite du mythe se trouve au Cuvier Rempart ; mais là, c'est une autre histoire ! Il faut les bonnes conditions de collante et surtout le jus ! On attendra que Vincent retrouve la forme .





La couche superficielle prend souvent cette allure de peau d'éléphant craquelée. Impressionnant !
 


 
 
 
 

Une question se pose : si un grimpeur se retrouve à Paris pour diverses raisons (professionnelles ou personnelles) et souhaitent profiter d'une journée de liberté pour découvrir l'escalade à Fontainebleau. Comment peut-il faire sans l'usage de la voiture ?
Celle-ci est effectivement utile pour se déplacer dans l'immensité de la forêt d'un site à l'autre mais il existe une solution : le Rocher Canon.
Un pur piéton pourra marcher vers de nombreux sites de blocs mais celui-ci est le plus facilement accessible via le RER et ne réclament que 30 minutes de marche.


De Paris-Gare de Lyon, emprunter le Transilien jusqu'à la gare de Bois-le-Roi (station juste après Melun). Compter 35 minutes de transport pour 7,55€ l'aller en plein tarif. Repérer les horaires du retour pour ne pas passer une heure à attendre le train suivant et vous laisser le temps de savourer une bière au bar riverain.
Ensuite, l'accès à pied est très simple : suivre le balisage rouge et blanc du GR qui traversent le village et s'enfoncent dans la forêt. Marcher tout le temps tout droit sur cette large piste sans suivre des balisages partant à gauche. Sans aucun dénivelé, l'approche prend 30 minutes et laisse apprécier ces bois aérés (rien à voir avec nos pinèdes denses et broussailleuses ; les fougères remplacent la salsepareille).
Traverser deux routes et à la 3ème route, le parking du Rocher Canon est indiqué en face.


  
 
 



  Question matériel, le bloc a l'extrême avantage de ne réclamer que le strict minimum : sa paire de chaussons.
A Bleau, le sable est un bon matelas primaire et si le crash-pad n'est pas de la partie, peu importe. D'autant plus que le Rocher Canon livre des blocs sans sorties lointaines et peu exposées.
Faire des blocs à son niveau et rebrousser chemin si on ne sent pas le rétablissement n'est pas une honte. Il est toujours possible de retenter une nouvelle méthode ou de passer au bloc voisin.
Se joindre à un groupe est une solution si le besoin d'une parade ou d'un pad se fait ressentir.

Le jeu est alors de trouver le départ d'un circuit et d'aligner les numéros à la suite ou au gré de vos envies : une vingtaine dans la journée aura raison de vos bras.



Couleur Abréviation Signification Cotation
Blanc E Enfant spécifique
Beige F Facile - 1er pas 1-2
Jaune PD Peu Difficile - Débutant 2-3
Orange (parfois vert) AD Assez Difficile - Grimpeur Moyen 3-4
Bleu D Difficile - Grimpeur Confirmé 4-5
Rouge TD Très Difficile - Grimpeur très Confirmé 5-6
Noir/Blanc ED Extrêmement Difficile - Grimpeur Spécialiste 6-7
(Aucun circuit) ABO Abominablement Difficile - Haut niveau 8-9
(source article Wikipédia)

Attention, rappelez-vous que les cotations falaises et blocs tout en suivant la même échelle (5c, 6a, 6b, ...) sont décalés. Suivant ces dispositions techniques et sa fibre explosive, un grimpeur de 6a fera du 5 bloc par exemple. Le plaisir est dans la gestuelle quelquesoit le niveau.

Généralement homogène dans une difficulté, certains demanderont plusieurs assauts avant de déchiffrer la méthode spécifique. Les discussions avec les locaux sont très utiles dans ce cas et favorisent la persévérance.

A votre prochaine visite à Paris, ne faites pas la grimace ! N'oubliez pas vos chaussons et profitez-en !

 
  Ca, c'est de la "Cuvée canon de mai" !!!!
 

  
 
 
 
 
 

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 16:45

 Il n'y a pas si longtemps, le Sud de la France était la seule et unique destination qui faisait rêver et par conséquent déplacer en masse tout ce que l'Europe comptait de grimpeurs.

A force de restriction du terrain de jeu, de développement limité de nouveaux spots et de modifications des attirances et des styles de grimpe, la mode s'est déplacée sur l'Espagne et ses sites immortalisés par les cadors de la résistance déversante interminable (Santa Linya, Oliana, Margalef, Siurana, ...).

L'imagination représente Barcelone comme le nouveau centre de ce monde de falaises baignées de soleil et cafi de colonettes.
Erreur, l'eldorado est bien en Catalogne mais à près de 180 km plus au sud, autour de Lleida .

A proximité de Barcelone, la capitale catalane, c'est carrément un massif culminant à 1236 mètres qui domine au loin l'autoroute : Montserrat. Et nul colonettes en vue ou autres concrétions, c'est le royaume du conglomérat (poudingue plus ou moins fin) avec incrustations de petits cailloux.




 


 
Moins médiatisé de nos jours et pourtant, son approche est un choc pour le grimpeur : une montagne rocheuse s'étire sur plusieurs kilomètres dressant ses aiguilles émoussées, ses murs compacts fragmentés de lignes flagrantes de fissures. L'immensité du terrain de jeu occupe le contenu de trois topos distincts (les photos ne montrent ici qu'une face du massif). La majorité se décline en grandes voies plutôt moins équipées que la tendance moderne à la sauce française (= qui a dit sur-équipées ? ). Dans une pareille immensité, les secteurs de couennes existent aussi et même des voies extrêmes.



 
 
 


 

 

  Face à une telle déferlante de rocher, comment choisir sa voie ? Simple, le bitard géant du "Cavall Bernat" exerce une attraction magnétique sur l'esprit du conquérant vertical. Viennent ensuite les fissures géantes parcourant des lignes directes jusqu'à la crête et enfin, on s'intéresse à ces dalles et murs de conglomérats compacts qui sont sans doute plus aisés à escalader. D'après les commentaires, le rocher demande une certaine adaptation et il convient de s'y familiariser un cran en-dessous son niveau habituel (surtout avec l'engagement local). Certains noms s'ancrent dans la mémoire : "la Momia", "l'Elephant", "la Salamandre", "le Gorro Friggi", ...
 
 
 
 
 Le monastère de Montserrat s'est fait envahir par le béton, les funiculaires, ... pour l'accueil des touristes-pélerins.

 
L'hyper-fréquentation des lieux n'est pas à mettre sur le dos des grimpeurs mais plutôt des touristes. 
La majorité des convois encombrants les lacets de la route se destinent au fameux monastère de Montserrat, lieu de pélerinage de "la Vierge Noire" apprécié des catalans.
 Autour du lieu de recueillement dominant toute la vallée jusqu'à Barcelone et la mer, les aménagements pour accueillir la foule ont dénaturé ce promontoire. Heureusement, cette "verrue" bétonnée est cachée derrière le flanc de la colline et se dévoile au dernier moment pour le touriste s'approchant depuis le parking (payant).




 
Sur la route, d'autres monastères apparaissent dans un élan architectural plus harmonieux avec les constructions d'origine.  
Les marches vers le ciel sur l'esplanade du monastère de Montserrat dominent la vallée jusqu'à Barcelone.
 
 

Même éloigné des grands sites énumérés à longueur de chroniques web, une visite à l'exubérante et festive Barcelone peut se conjuguer admirablement avec une expérience inoubliable à Montserrat en tutoyant les sommets montagneux ... ou spirituels.
 


 
Quelques liens :

Le site en catalan, espagnol ou anglais sur le massif de Montserrat (nouvelles voies).

Un descriptif et les propositions d'encadrement (français) à Montserrat et en Catalogne.

La description avec énormement de photos de la voie "Punsola-Reniua" sur le Cavall Bernat.

Une vidéo du Cavall Bernat (admirez l'équipement des rappels !).







 
 
 
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 11:20




Quoi de plus naturel quand on est de passage à Angoulême, d'aller jeter un oeil aux voies extrêmes qui ont fait couler tellement d'encre.
La visite a commencé dans la vallée des Eaux Claires avec toutes les premières extrêmes de Fred Rouhling : 

  •  "Hugh" premier 9a français gravi en 1994 et seulement répété en 2001 par Alessandro "Jolly" Lamberti puis en 2002 par l'alsacien Pierre Bollinger et le japonais Daï Koyamada.
  • "De l'autre côté du ciel" 9a de 1996 sans répétition depuis.

En 1995, Mister Rouhling (connu des marseillais lorsqu'il était étudiant au STAPS de Luminy et sa première de "UFO" 8c à la grotte de l'Ours des Calanques) alimente le moulin à scandale en proposant son dernier enchainement "Akira" à Vilhonneur comme le premier 9b au monde. Historique du buzz de cette voie brièvement retracée sur l'article de Wikipédia !

 

 

 


Le long de la rivière "La Tardoire", parking au bord de la route D109 entre Vilhonneur et Saint Sornin. Accès soit par la D6 depuis La Rochefoucauld (au Sud), soit depuis Angoulême (à l'Est) par la D699 via Touvre, Pranzac en direction de Montbron
 
L'entrée de la fameuse grotte est juste au-dessus du Moulin de la Pierre.



Sans aucune répétition depuis cette époque malgré les essais infructueux, les rumeurs et polémiques vont bon train pour s'éviter un détour par la Charente : grotte sombre, accès interdit, prises moisies, chutes exposées, loin des grands centres majeurs du haut niveau ...



Tous ces arguments ont une base véridique mais loin d'être la pure vérité :
  • Oui, l'escalier menant directement à la falaise depuis les bâtiments du Moulin de la Pierre est fermé et cloturé.

   



  • Oui, la grotte, haute de 3 mètres n'est pas super lumineuse mais c'est seulement gênant pour les photos ou la vidéo ! Pour grimper, c'est largement suffisant et nul besoin d'un complément frontal ou de spots lumineux.
  • Oui, le rocher est tartiné de sika par endroit ... pour renforcer les grandes barques servant de délayage  entre deux jetés.





 



  • Oui, la hauteur est suffisante pour mal retomber au sol mais n'a-t-on pas vu les vidéos d'un Dani Andrada (au passage, le plus frénétique travailleur de la voie de Vilhonneur) avec ses armées de collègues (Sharma, Graham et cie) transbahutant les crash-pads dans la grotte d'Ali-Baba à Rodellar. Deux ou trois crashs-pads ne sont plus un luxe pour le grimpeur pro moderne. Et un bon pareur tranquilise l'esprit pour travailler les mouvements.
  • Oui, la Charente n'est pas la destination idyllique pour mutants en recherche de croix rapides. La liste des voies dures est tout de même conséquente mais, c'est vrai, ne s'apprivoiseront pas facilement tellement l'adaptation aux spécificités "force" est nécessaire.

 




 






 

Face à toutes ses rumeurs, la voie est délaissée et tend même à disparaitre des chroniques historiques (depuis la réussite de Chris Sharma dans "Jumbo Love", ce serait ce dernier, le premier 9b garanti au monde ...).

 

 

Combien d'années "Akira" attendra encore sa première répétition ? Et sa confirmation ... ou décotation ?

 

 

 

 

 

 

 




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