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Bienvenue sur le blog de la Compagnie des Moniteurs d'Escalade du Littoral !

Marseillais, Aixois, Aubagnais, Ciotadens, quelque soit l'origine, nous sommes tous animés par la même passion de l'escalade libre. Les articles traiteront principalement des sorties en rocher avec des photos et encore des photos.

Puisqu'il y a du soleil toute l'année en Provence et que nous sommes heureux d'y vivre, c'est évidemment nos belles falaises du sud qui sont visitées régulièrement.

Et puisque le centre du monde vertical est à Marseille, les Calanques et toutes les falaises phocéennes seront à l'honneur. En amoureux transi du rocher, nous irons même jeter un oeil hors de nos frontières ...

La C.M.E.L., c'est aussi une association qui cherche à aménager notre environnement pour la pratique de notre sport favori (Clean Up Day de La Ciotat). Le blog permettra d'en rendre compte.

Bonne lecture à tous les grimpeurs internautes !!!

 

  

P.S. :

Pardonnez une facheuse tendance à laisser le retard s'accumuler dans la publication des articles !

Mais la description d'une voie ou d'un secteur est relativement intemporelle ... peu importe la date d'édition !

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Contacts C.M.E.L.

Pour toutes demandes d'informations, questions et autres, vous pouvez contacter (remplacer les mots en majuscules : AROBASE, POINT, par leur symbole) : 

 

  • Olivier Didon par mail : didon POINT olivier AROBASE gmail POINT com

                                     ou par téléphone : 06 19 14 01 01

  • Jean-Philippe Dalbavie par mail : jeanphi.dalbavie AROBASE wanadoo POINT fr

                                  ou par téléphone : 06 09 89 64 91

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La Compagnie des Moniteurs d'Escalade du Littoral vous offre ses services pour un encadrement en escalade, canyon, via ferrata, parcours accrobatique. Retrouvez le détail des prestations de "nos professionnels au service de votre passion" sur la page dédiée aux moniteurs C.M.E.L. 

 


 

  Saison 2012/2013 : compétition "Blocs qu'on teste" ouverte à tous. Rendez-vous mensuels les vendredis soirs à partir de 19h (le calendrier sur la page Compétition)  à Bloc Session de La Ciotat et finale en avril !


Les autres salles de la région sur la page des salles d'escalade phocéennes.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


 

Quelques soient les opinions quant au choix du système de protection, le Parc National des Calanques est bien là (signature officielle en avril 2012).


La place des activités douce de pleine nature comme l'escalade est défendue par l'association "Des Calanques et des Hommes". Historique des actions depuis 2009 sur la page "Avenir de l'escalade dans le Parc National des Calanques".
 


 

 


 

 

 


 

10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 13:39

Au coeur de la forêt de Fontainebleau, certains sites d'escalade concentrent des arguments défavorables :
  • ♦ la proximité de la route nationale entre Barbizon et Fontainebleau charriant un volume important de décibels motorisés (heureusement atténué par les arbres et la densité des boules de rochers qui agissent comme un mur anti-bruit).
  • ♦ Le parking déversant une foule de randonneurs, joggers, VTT-istes, grimpeurs et autres usagers en promenade dans la forêt (heureusement diluée rapidement dans différentes directions).
  • ♦ Les déchets éparpillés sur le sol par cette même foule d'usagers (sans parler du produit de leurs besoins naturels) .
  • ♦ Les résidus (capotes entre autres) des rencontres nocturnes très agitées, dissimulés derrière les premiers blocs.

A la lecture de ce tableau idyllique, qui voudrait passer une demi-journée au site du Cuvier ?

Et pourtant, le succès ne faiblit pas pour le site le plus fréquenté de la région (et fréquenté est à mettre à l'échelle de la plus grande ville de France toute proche : c'est donc beaucoup de bloqueurs !).
A croire que le rocher ici est d'une qualité telle que les grimpeurs oublient tous les inconvénients.
Et bien, c'est le cas :
  • ♦ la finesse du grès ,
  • ♦ la beauté de l'escalade ,
  • ♦ la richesse de la gestuelle
  • ♦ la proximité du parking permettant de grimper vite,
  • ♦ les réceptions sur un tapis de sables amortissants,
  • ♦ les passages historiques et références du bloc bellifontain
  • ♦ et le nombre de blocs abordables à extrêmes.
Tous ces éléments font du Cuvier le rendez-vous incontournable des Bleausards.



Même par une journée maussade de mai, à 9h30, le parking est déjà envahi.

En habitué, Vincent Scharwatt nous fait profiter de ses connaissances.

 

Echauffement aisé pour certains et impossible à décoller pour d'autres. Question de niveau !!!


Fontainebleau - Bas Cuvier (mai 2009) from CMEL on Vimeo.
  La découverte d'une variante dans la méthode est l'occasion de se frotter une nouvelle fois avec le premier 6A de la forêt : "La Marie Rose".
  Pour la vidéo, Vincent retourne dans ce bloc référence de 5 mouvements (ouvert par Robert Paragot et non Lucien Bérardini ) : "La Joker" 7A.
  



Le Bas Cuvier est déjà un réservoir de blocs. Si votre progression vous lasse de l'ensemble, à deux pas, la suite du mythe se trouve au Cuvier Rempart ; mais là, c'est une autre histoire ! Il faut les bonnes conditions de collante et surtout le jus ! On attendra que Vincent retrouve la forme .





La couche superficielle prend souvent cette allure de peau d'éléphant craquelée. Impressionnant !
 


 
 
 
 

Une question se pose : si un grimpeur se retrouve à Paris pour diverses raisons (professionnelles ou personnelles) et souhaitent profiter d'une journée de liberté pour découvrir l'escalade à Fontainebleau. Comment peut-il faire sans l'usage de la voiture ?
Celle-ci est effectivement utile pour se déplacer dans l'immensité de la forêt d'un site à l'autre mais il existe une solution : le Rocher Canon.
Un pur piéton pourra marcher vers de nombreux sites de blocs mais celui-ci est le plus facilement accessible via le RER et ne réclament que 30 minutes de marche.


De Paris-Gare de Lyon, emprunter le Transilien jusqu'à la gare de Bois-le-Roi (station juste après Melun). Compter 35 minutes de transport pour 7,55€ l'aller en plein tarif. Repérer les horaires du retour pour ne pas passer une heure à attendre le train suivant et vous laisser le temps de savourer une bière au bar riverain.
Ensuite, l'accès à pied est très simple : suivre le balisage rouge et blanc du GR qui traversent le village et s'enfoncent dans la forêt. Marcher tout le temps tout droit sur cette large piste sans suivre des balisages partant à gauche. Sans aucun dénivelé, l'approche prend 30 minutes et laisse apprécier ces bois aérés (rien à voir avec nos pinèdes denses et broussailleuses ; les fougères remplacent la salsepareille).
Traverser deux routes et à la 3ème route, le parking du Rocher Canon est indiqué en face.


  
 
 



  Question matériel, le bloc a l'extrême avantage de ne réclamer que le strict minimum : sa paire de chaussons.
A Bleau, le sable est un bon matelas primaire et si le crash-pad n'est pas de la partie, peu importe. D'autant plus que le Rocher Canon livre des blocs sans sorties lointaines et peu exposées.
Faire des blocs à son niveau et rebrousser chemin si on ne sent pas le rétablissement n'est pas une honte. Il est toujours possible de retenter une nouvelle méthode ou de passer au bloc voisin.
Se joindre à un groupe est une solution si le besoin d'une parade ou d'un pad se fait ressentir.

Le jeu est alors de trouver le départ d'un circuit et d'aligner les numéros à la suite ou au gré de vos envies : une vingtaine dans la journée aura raison de vos bras.



Couleur Abréviation Signification Cotation
Blanc E Enfant spécifique
Beige F Facile - 1er pas 1-2
Jaune PD Peu Difficile - Débutant 2-3
Orange (parfois vert) AD Assez Difficile - Grimpeur Moyen 3-4
Bleu D Difficile - Grimpeur Confirmé 4-5
Rouge TD Très Difficile - Grimpeur très Confirmé 5-6
Noir/Blanc ED Extrêmement Difficile - Grimpeur Spécialiste 6-7
(Aucun circuit) ABO Abominablement Difficile - Haut niveau 8-9
(source article Wikipédia)

Attention, rappelez-vous que les cotations falaises et blocs tout en suivant la même échelle (5c, 6a, 6b, ...) sont décalés. Suivant ces dispositions techniques et sa fibre explosive, un grimpeur de 6a fera du 5 bloc par exemple. Le plaisir est dans la gestuelle quelquesoit le niveau.

Généralement homogène dans une difficulté, certains demanderont plusieurs assauts avant de déchiffrer la méthode spécifique. Les discussions avec les locaux sont très utiles dans ce cas et favorisent la persévérance.

A votre prochaine visite à Paris, ne faites pas la grimace ! N'oubliez pas vos chaussons et profitez-en !

 
  Ca, c'est de la "Cuvée canon de mai" !!!!
 

  
 
 
 
 
 

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 11:19




A l'origine, au début des années 2000, les débats lors des réunions entre le GIP des Calanques, l'ONF et le Comité Départementale FFME des Bouches du Rhône (= CD13 FFME) faisaient rage pour défendre chacun son domaine (préservation de l'environnement pour les uns, terrain d'escalade pour les autres). Pour les grimpeurs, notre fidèle Gilles Bernard montrait les "crocs" et marquait le territoire (rôle toujours inoccupé depuis son orientation vers d'autres multi-activités).


Afin de montrer combien les grimpeurs sont soucieux des Calanques et de leur environnement fragile, Gilles monte en 2005 un projet-pilote de modification des sentiers d'accès à la falaise du Renard.
En effet, les éboulis abritent la fameuse "Sabline de Provence" (ou "Sabline de Marseille" ou "Herbé à Gouffé" ou "Gouffeia arenarioides"), une frêle plante très discrète, fragile et surtout endémique à la région (entre Marseille et Toulon ; à différencier de celle du Verdon). Elle est de ce fait strictement protégée.
Les grimpeurs arpentant les éboulis menant aux falaises, il est naturel de modifier les tracés pour éviter la destruction des populations de "Sabline".
Non initiatrice de ce projet, l'ONF soutient très mollement cette première action : le chemin est cairné en évitant les emplacements recensés par Robert Giraud et Pascal Auda, botanistes [des années plus tard, il serait utile d'en faire l'entretien avec les moyens mis en oeuvre actuellement].



Il faut attendre l'année 2007 pour voir un nouveau modèle se déclarer. Mené par l'ONF, il entreprend de modifier l'ensemble des accès à la face sud de la Grande Candelle (en résumé, lire par ailleurs le communiqué de presse de l'ONF en date du 3 juin  2008) :
  • concertation avec les usagers (grimpeurs et randonneurs), gestionnaires et propriétaires.
  • Recensement des populations de "Sabline de Marseille", de "Lavatère Maritime".
  • Proposition de nouveaux tracés de sentier sur carte.
  • Puis, mise en application (balisage en croix noires, cairns, protection des plants, modification du départ de la "Cheminée Bouisson", ...) en octobre 2007 avec Vincent Vilmer (représentant CD13 FFME) et d'autres grimpeurs emblématiques du massif comme Pierre Clarac (compte rendu parfaitement détaillé sur son site).





Les mêmes acteurs s'attaquent en 2008 à l'accès à la Brèche de Castelvieil. L'éboulis est ruiné par des décennies de descente en course-glissade. A la destruction du milieu de la "Sabline" s'ajoute l'instabilité des cailloux qui rendent le sentier très inconfortable.


L'ONF reproduit la procédure de la Candelle : concertation, évaluation des zones à protéger puis travaux sur place pour aménager les sentiers et les baliser.

Vincent Vilmer coordonne pour les grimpeurs : "Comme pour l'opération menée à la Candelle avec l'ONF nous faisons appel aux différents acteurs de l'escalade du massif des Calanques pour une concertation sur l'accès à la brèche de Castelvieil. La problématique est sensiblement la même : des sentes multiples créées par les grimpeurs entraînent une forte érosion et une dégradation de l'habitat de la "Sabline de Provence". L'idée est de tracer deux chemins bien balisés partant de la piste d'En-Vau qui éviterait au mieux les plantes protégées et les éboulis . Ces chemins ont déjà été repérés avec l'ONF : sentier "historique" dont le départ ou l'arrivée se situe vers la plage et un sentier prenant son origine plus haut sur la piste."



Le résultat est à la hauteur : le balisage s'identifie clairement, le sentier serpentent par des lacets confortables sans monter droit dans la pente, les éboulis sont évités. Bravo !


 Marquages au sol avec le fameux petit grimpeur bleu (logo et pochoir créés par Gilles Bernard ).





 
 

Parfaitement dans l'air du temps, le CD13 FFME contribue au développement durable de nos activités sportives :


Quelles seront les prochaines actions sur le terrain ?
A suivre ...

 
 
 
 
 



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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 17:36


Le ventre lesté d'une "Paluarde" (cette patisserie-confiserie de la boulangerie de La Palud sur Verdon, source infinie d'énergie pour les grimpeurs locaux), les réserves sont prêtes pour affronter une entreprise plus longue qu'aux Dalles Grises de l'Escalès.

Direction La Maline à l'envers de la route des Crêtes.
Point de départ (ou d'arrivée) du fameux sentier Martel qui longe le Verdon jusqu'au couloir Samson (ou simplement pour rejoindre les berges de galets, se baigner et bronzer), lieu de ravitaillement ou d'hébergement au Chalet avec terrasse panoramique sur les gorges, les grimpeurs associent plutôt ce lieu à l'apprentissage des grandes voies d'escalade lors des premières visites au Verdon.
En effet, la hauteur (250 mètres) permet de remplir une bonne partie de la journée alors que les nombreuses vires et gradins fournis en décorations arboricoles évacuent la fameuse ambiance. On a tout le Verdon (hauteur, qualité du rocher) sans son ingrédient démoralisateur : le vide tétanisant.

  
 
 
Au fond, au soleil, le secteur de "Babouchemolle" et son immense dalle à cannelure devant l'"Arête du Belvédère" qui se découpe en arrière-plan.
Chevreaux approchant de la route après une expé en terrrain d'av'

Original pour le Verdon, l'approche a pied en désescalade, façon "broches plantées".

 
A l'origine en 1972, les ouvreurs n'avaient pas encore découvert l'accès à pied "des coupeurs de buis" (cf "Les Fous du Verdon" - Barney Baucher, 2008). Bernard Bouscasse, François Guillot venaient du sentier Martel et traversaient la rivière au gré des galets à chevaucher : aventure !!!
 L'approche depuis la crête par ces passages affublés de barre fichées dans le rocher est un gain de temps et une mise en bouche des escalades prochaines.
 
 
Suivez les cairns !   Au 2/3, ne pas manquer de bifurquer par cette vire (indiquée par des marques rouges et une flèche sur le rocher) sous peine de s'engrainer dans des rappels branchus où la terre se gorge de cailloux désagréables sur votre passage.  Les fameuses barres (r)assurent une désescalade efficace et prudente. En cas de besoin, les pros s'en servent pour assurer à la corde leur client.
 
 
 
 
La plus connue des voies abordables servant de ticket d'entrée au Verdon est "l'Arête du Belvédère" (équipée en broches scellées) ; un itinéraire très classique dont les prises patinées témoignent des processions croisées ici. Escamoté par bien des cordées (l'approche permet de démarrer plus haut), le premier ressaut comporte un pas de 6a+ dont la prise-clé pour le pied est lubrifiée des appuis multiples qu'elle a subi : elle fera coulée quelques rigoles de sueurs pour ceux qui s'engatzent à jaunir ce crux (sinon, la dégaine tend idéalement les bras ...).



 
Vue en face sur les falaises de la rive gauche : le secteur Roumagraou à gauche du Bauchet et ses couennes majeurissimes
Photo de droite : bien inconfortable a dû être la suite des évenements pour ce grimpeur dont les accessoires (sangle et chausson)se retrouvent malencontreusement pendus à ces branches de buis sous "l'Arête du Belvédère" (à hauteur de L2).
 

 
  Moins envahie par la foule des novices encadrés de leur moniteur, la voisine, "Les Dalles", est tout aussi abordable, bien équipée, dans un style plus varié et plus homogène autour du 5c et même listée dans les 100 plus belles du Bureau des Guides. Perclu d'erreur, le topo officiel n'est bon que pour désigner le départ de la voie (c'est le minimum). Pour l'itinéraire, suivre les plaquettes , traverser tout à droite aux balcons pierreux et se reporter au lien ci-dessus pour des difficultés plus ajustées.

En bas, le calcaire gris manque d'adhérence dans les dalles mais suit de belles lignes de fissures avec un beau vide se creusant sous les pieds.
Quelques plaquettes se méritent et il faut avancer. C'est déjà  l'entrainement à l'esprit de l'Escalès .
Les relais sont confortables sur des margelles. Arrive un grand balcon gravilloné qui vient couper d'un coup le vertige. Le relais est tout à droite. La longueur qui suit (L4) parcourt une belle écaille décollée qui finalement est moins dur que son apparence ne le laisse présager.

 
 

 
 
 Après L4 et son écaille : 5b+/5c !  Un dièdre-cheminée à l'ancienne fermé par un bouchon calcaire qu'il fait franchir à renfort de blocage sur bonnes prises ! Une traversée laisse finir L5 sur de belles sculptures : 5c.
 
 


Après le dièdre de L5, une des plus belles longueurs de la voie (L6 : 5c+/6a) déroulent sa continuité : dülfer sur une écaille dans un mur bien raide ; un peu de bras et de la technique pour ne pas se fatiguer.
En L7, encore une longueur finaude où la lecture évite des tractions digitales incohérentes : trouvez les prises masquées.




La longueur-clé de L6 se termine : quelle belle escalade !
Le cheminement tente de retrouver le rocher au milieu des arbres pour sortir au plus près de la route. En deux micro-longueurs L7 (6a à bras) et L8, le sommet est atteint !


Lieu d'aguerissement privilégié, la Maline vous réserve quelques beaux itinéraires préservées des "Dalles" ici détaillée (et conseillée) jusqu'aux voies récentes ("L'âme fatale"), en passant par les aventures de "Chan-Té" par exemple.


 
 
 

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 17:30

 

 

 

La découverte des Gorges du Verdon depuis la crête est un spectacle unique mais les ressentir, accroché sur ses parois vertigineuses est encore plus sensationnel.

 A l'Escalès, le secteur des Dalles Grises est copieusement arpenté de cordées d'escalade en apprentissage du gaz local. Parmi les classiques patinées entre "les Dalles Grises", "Cocoluche" ou "Afin que nul ne meure" (6a+ max), le niveau réclame du 5c minimum. Difficile de les conjuguer avec des grimpeurs en reprise après quelques mois d'arrêts.
En solution, le topo, fidèle partenaire du grimpeur ignorant, indique une voie facile : "Chlorochose", 4c max, indiquée toute équipée. Jamais citée dans les discussions et sentant le parfum de l'arnaque avec ce logo tout équipé, les rappels s'enchainent jusqu'au Jardin des Ecureuils.
Au pied de la fissure de départ, le constat révèle la supercherie sans surprise : aucun point en place.





 


C'est donc parti pour une joyeuse aventure les dents dans la salade des herbes folles, le coeur s'agitant à la vue du vide se creusant sous les frêles tiges utilisées comme assurance et le cerveau réagissant face à ces longueurs de soit-disant 4c.

Les relais des voies croisées sont les bienvenus (R1 d'"Atout Coeur", R1 de "Sucepé", R1 de "L'Arabe souriant"). Quelques plaquettes des voies riveraines rendent service et sont rapidement clippées ("Sucepé", "Totem") tout en restant dans les fissures ou dièdres faciles.
Le reste de l'équipement est végétal : arbres pour les relais, sangles sur jeunes pousses pour le moral. En effet, si à l'ouverture (Guyomar en 1976), les arbustes offraient des protections rassurantes, ils n'existent plus et repoussent difficilement. Dépourvus de rigidité, ces buissons se coucheront sans doute à la première secousse. Les coinceurs peuvent être utile dans le haut de la voie mais bien souvent, la terre occupe le terrain.
Cela dit, les passages successifs ont globalement assaini le terrain (à part quelques "bombes" bien identifiables et donc évitables).

La difficulté des origines en 4c max peut logiquement s'apparenter aujourd'hui à du 5b (voire 5c).




   




Les deux dernières longueurs sont moins "chlorophyllante" et donc, un peu plus sympa. Si la nuit vous ceinture, la sortie n'en sera que plus mémorable.





 





Eloignée des standards désignant les voies majeures, "Chlorochose" n'en demeure pas moins intéressante et très émouvante. Surtout quand ces instants sont partagés entre amis, favorisant la détente.

En résumé, pour les audacieux trompés par le topo, s'attendre à :

  • aucun équipement en place si ce n'est l'opportunisme des plaquettes voisines.
  • prévoir des sangles (5-6) et éventuellement des coinceurs.
  • une difficulté plus élevé que le 4c annoncé : 5b !?!
  • 1 heure de descente (4 rappels), 3 heures dans la voie pour une cordée juste au niveau (ou 2 heures pour les rapides dans les 5 ou 6 longueurs).
  • manger de la terre, de l'herbe et des feuilles .


En conclusion, la voie n'est pas à faire absolument mais on peut se laisser prendre (par erreur) ... une seule fois (faut pas abuser quand même).
 
 

 

 

 

 

 

 

Additif avril 2010 :

 

 

L'état de la voie rapporté par ce récit n'est plus d'actualité : 

 

Infos rééquipement :

Bruno Clement a rééquipé cet hiver 2010 la voie des CHLOROCHOSE secteur "Dalles grises". Cette voie, la plus facile du secteur, propose 7 petites longueurs en 5b, généreusement équipées. Parfait pour découvrir en douceur l'ambiance grande voie dans les Gorges. Accès par les rappels des Dalles grises.

 

 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 11:18

S'héberger au Verdon peut aller du bivouac le plus rudimentaire (avec désinstallation de la tente au lever du jour ; ce n'est qu'une maigre tolérance car l'interdiction est réelle) jusqu'à l'hôtel grand confort multipliant les étoiles : la plupart des établissements sont sur le site de La Palud. Le "bureau des Guides" donne toute une série de conseils pour survivre à La Palud ...

Le grimpeur choisira bien souvent en fonction de la période, de la durée du séjour et de son besoin de confort entre le camping et le gîte.

En camping, quelques adresses existent à La Palud sur Verdon :
  • le premier dans le village en arrivant de Moustiers Sainte Marie (dont nous ignorons le nom) avec une bonne ambiance à la roots et un auvent collectif où les averses regroupent et rapprochent les grimpeurs. C'est d'ailleurs leur adresse traditionnelle !
  • Le camping municipal dans un style plus familial .
  • On peut aussi tester le camping à la ferme chez Maurice Toche à la ferme de Bourras  et à la ferme Boulogne sur la route de la Maline .

Pour les gîtes, les adresses sont nombreuses :
  • le gite Arc en Ciel géré par le "Bureau des Guides". C'est un style refuge avec dortoir collectif et possibilité de demi-pension.
  • Gite L'Escalès (anciennement Wapiti) à l'entrée du village. Les groupies-grimpeurs se pressent en espérant voir le mari de la propriétaire : "Le Blond" en personne alias Patrick Edlinger.
  • Le gite L'Etable à la sortie du village sur la route des Crêtes.

Le hasard nous porte vers cette dernière adresse :
Tenu anciennement par Dominique Suchet, un professionnel du coin à la réputation ténébreuse (pour les locaux en tous cas), le gîte est repris à son départ par un jeune couple.
Cette famille de passionnés de ski, de moto et d'animaux préfèrent limiter l'affluence et privilégier la qualité de l'accueil (un coup de téléphone pour ne pas s'inquiéter si vous n'êtes pas rentrer à la nuit de votre voie). Ils proposent des prix pour les groupes et peuvent ouvrir si besoin des dortoirs supplémentaires.






 




Les chambres sont agréables, calmes, en conclusion reposantes.

Une grande pièce d'eau regroupe douches individuelles, toilettes et lavabos. Le tout est parfaitement entretenu.

Côté repas, pour profiter du repas du soir, il faut prévenir à l'avance afin de prévoir l'achat des produits frais.
Petit bémol pour les ogres du matin, le petit déjeuner est complet mais ne s'étend pas dans les gourmandises qu'un séjour détente peut autoriser (pas de viennoiseries à volonté , de gateaux, tartes, patisseries-maison et choix de fruits restreints).

Globalement, le contrat est rempli et la destination conseillée.


 


Bon séjour à l'Etable !
 
 
 

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 20:14

Le printemps s'installe, les weeks-prolongés arrivent et annoncent le mois de mai tant attendu pour les sorties grimpe de plusieurs jours.

Les gorges du Verdon sont la destination touristique imparable pour tous grimpeurs explorant les falaises provençales.

 Le Couloir Samson et la Paroi du Duc vu du recto par le Point Sublime (photo à gauche) ou au verso par les belvédères de l'Escalès (photo ci-dessous).
La "route des Crêtes" de l'Escalès égraine ses belvédères sur des panoramas vertigineux.


Parfois, les instincts les plus primaires transforment la plus intelligente et raisonnable personne en touriste débile qui arme son bras lesté d'un caillou pour voir s'il atteint les flots inacessibles du Verdon.
Malgré les rappels des panneaux, le geste déplorable se voit encore de temps à autre .
 



Spectacle saisissant pour des milliers de touristes, les grimpeurs émergents des tréfonds du vide émerveillent et empreignent les pixels de nombreux appareils photos.



   
   
Avant le lac de Sainte-Croix, le promeneur pourra longer la rivière au fond des gorges par le sentier Martel.





Deux choix restent à conclure lors d'un séjour au Verdon :

  • l'hébergement : campings à La Palud sur Verdon ou gites.
  • Les voies à grimper. Parcourez le topo officiel (disponible au bureau des Guides ou dans les deux magasins d'escalade du village), le livre de Bernard Vaucher "Les Fous du Verdon" pour vous guider parmi les classiques ou sur les pages éditées (ébauche des 100 plus belles) par le bureau des Guides de La Palud (avec topo et accès détaillé, commentaires, matériel à prendre, orientation ; du beau travail ! Vivement la suite de la liste).
 
 
 

 
 
 
 
 
 
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 14:54



Le plan de rééquipement sur les terrains du Conseil Général 13 dans les Calanques permet aussi de finir la mise aux normes du secteur du Jardin d'Enfants aux Goudes.
Il restait quelques voies sur vieux spits bien rouillés et espacés. Ils sont maintenant remplacés par de très solides rings inox.


 


Deux voies concernées sont décrites dans le topo 2004 des Calanques comme "non rééq." :

  • "Emmanuelle et Sophie" 5c : un pas bien à doigts au départ.
  • "Lorraine et Fanny" 4c/5a.
Les deux autres voies rééquipées ne sont pas inscrites sur le topo. Elle se situent juste au-delà de la grotte tout à droite du secteur. Il s'agit d'une longueur intéressante en 6b/b+ avec une directe athlétique et bien bloc en 6c/c+.


 

 
 
  En cas de mistral, cette falaise est une alternative au rocher des Goudes ou à l'Escalier des Géants. En été, on peut se jouer des orientations avec les Flammes de Pierre en face.



Peut-être la prochaine tranche s'attaquera-t-elle aux autres jardins comme le Jardin de Pierre dans le même coin.
 
 
 
 
 



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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 11:44



Le monde de l'escalade est petit !
Quand un chamboulement aussi important se produit à l'Etoile Noire, le fameux site d'escalade dans les anciennes carrières du Loin de La Ciotat, la nouvelle fait vite le tour de la petite communauté ciotadenne (même en plein hiver).

Alerté par Olivier, il faut encore quelques semaines avant de lancer une investigation plus poussée.

A l'entrée du site en venant du parking de Fardeloup, les ressauts gréseux gagnent petit à petit en hauteur et dévoilent un panel de coloris allant du gris à l'ocre.
Au secteur dit du "Portail" (référence terre-à-terre à cette vieille grille rouillée qui fait office de gardien au bord de l'esplanade), quelques parois attendaient leurs heures avant une exploration en règle des grimpeurs.
Il y a presque une dizaine d'années, Matthieu et Xavier Lupo avaient déjà tracé quelques lignes disparates de rings mais leur impact fut rapidement endormi par la proximité recouvrante et dense des arbres du secteur. La priorité n'était donc pas pressante pour le développement de ce site.

Or, c'est ici que François Souret, un moniteur expérimenté de spéléo et de canyon, lance son projet cet hiver 2008-2009.
Tirant de judicieuses ficelles jusqu'à la mairie de La Ciotat grâce à ses contacts privilégiés au Conseil Régional (ou Général ?), il réussit à s'octroyer le droit de créer une école d'apprentissage aux techniques de cordes pour le canyonisme.
Fort de ses compétences d'éducateur à l'ADDAP13, il a négocié un plan d'aménagement et de réinsertion des jeunes ciotadens.
L'objectif est de faire une "école de canyonisme" pour découvrir confortablement les différentes techniques de rappels (guidés, débrayables, ...), pour organiser des stages fédéraux et dans ce but, de faire travailler à différents postes les jeunes qu'il encadre (aménagement environnemental).


Le résultat se voit sur place : terrassement au bulldozer de la place (plus un arbre en place), nettoyage des falaises et installation de points d'assurage, de relais et de barreaux. Même des pans de terre ont été gratté sur la paroi. Travail remarquable dans l'ensemble (mais le détail est tout autre ...).


L'esplanade arasée du secteur Portail ; les bosquets d'arbres au fond ont disparu.   Quelques barreaux le long du dièdre terreux mènent à la vire d'où plusieurs relais permettent de tester les rappels.



 

L'étonnement fait place à un premier sentiment de satisfaction quant à l'aménagement et au nouveau potentiel sur ces via cordata. Il laisse même imaginer une reprise future du développement de l'escalade.

La réalité est toute autre et nous déchantons vite lors d'une discussion avec François Souret.

Il décrit son travail, son projet, ses objectifs et surtout conclut qu'il est "interdit de grimper sur ce secteur" .
En effet, il annonce avoir réussi à conventionner le secteur (à titre expérimental ) comme "école de canyonisme" et à ce titre, il ne peut y avoir que des activités d'apprentissage des techniques de corde ici.
Renseignement pris, Claude Fulconis, président du Comité Départemental FFME des Bouches du Rhône est tout fier de confirmer la convention entre le CD13 FFME et la mairie de La Ciotat pour la première "école de canyonisme" de France.


Comment peut-on se déclarer représentant de la "famille des grimpeurs" et ainsi accepter de cloisonner une activité cousine alors que les pratiquants basculent de l'une à l'autre sans frontière (les grimpeurs font du canyon, de la spéléo et inversement) ?







 François, ses jeunes et son camion.
  Ca bosse dur ! Le résultat se voit sur l'image suivante : belles restanques !
  Des murets, des restanques, ... beaux aménagements ! Bravo !    
Des relais pédagogiques à foison (y en a-t-il suffisamment ?). Super pour attacher la laisse du chien !

 
 





En tant que grimpeurs, amoureux du site d'escalade de l'Etoile Noire et promoteurs des Clean Up Days qui ont permi 5 années de suite le nettoyage et l'évacuation près de 30 tonnes de déchets, voici notre avis sur la situation ; il n'engage que nous (membres de la C.M.E.L.) mais représente sans doute celui de beaucoup de grimpeurs :



Oui, nous sommes d'accord avec le fait de :

  • développer ce secteur. C'est une belle initiative et nous félicitons l'énergie déployée par François Souret et ses jeunes ciotadens.

 

  • Faire une "école de canyonisme" ... mais sans restriction des autres activités (comme l'escalade).

 

  • Conventionner ce secteur à titre d'exemple pour au final étendre la disposition à tous les secteurs d'escalade (après 15 ans de tentatives infructueuses et sans cesse reportées, enfin, une convention est signée ; en espérant que la mairie joue le jeu honnêtement sans nouveau revirement ).

 

  • Aménager l'espace et faire travailler des jeunes ciotadens dans leur environnement proche ne peut que les faire respecter cette nature fragile.


 


Mais, face à de nombreuses restrictions, nous sommes en désaccord total avec :

  • L'interdiction de grimper sur ce secteur alors qu'il existe déjà des voies et qu'un potentiel de lignes naturelles pour voies faciles existent.

 

  • L'équipement de barreaux sur voie existante (la rendant infréquentable) ; c'est dénigrer l'activité et à l'encontre de l'éthique d'équipement des falaises qui doit respecter ce qui est déjà en place.

 

  • L'équipement unilatéral sans réflexion conjointe, sans concertation avec l'escalade ; pourquoi dénaturer, détruire des lignes naturelles qui accueilleraient de belles voies d'escalade ? A cette question, l'intéressé nous répond que le rocher n'est pas beau ici, pas intéressant et qu'il y a bien d'autres secteurs à occuper plus haut ! C'est bien l'avis d'un consommateur d'espace naturel et pas celui d'un grimpeur passionné pour qui tous les rochers sont attirants dans la mesure où ils sont compacts et donc, grimpables.  Mettre des barreaux pour via cordata : oui, mais seulement dans les zones "d'escalier, de gradin" ou lisse hors des lignes naturelles grimpables.

 

  • Le conventionnement strict d'une activité au détriment de ce qui génère le plus de fréquentations à l'Etoile Noire (la grimpe).

 

  • L'absence de concertation avec les acteurs locaux de l'escalade. Tout le monde est mis devant le fait accompli. Le CD13 FFME est en première ligne dans cette affaire (convention, fournitures du matériel d'équipement (rings, colle, ...), participation épisodique à la purge des falaises) et ne s'est jamais mis en relation avec les locaux qui sont pourtant facilement identifiable (Matthieu Luppo à la salle Bloc Session, Olivier Didon à la C.M.E.L. et Eric Valls à Aventures Soubeyrannes). Claude Fulconis (CD13 FFME) se défend en disant que la signature de la convention fut annoncée dernièrement en réunion du comité directeur et lors de l'assemblée générale. Il confirme ainsi mettre tout le monde devant la conclusion des faits sans possibilité de participation et de discussion. C'est toujours la politique des actions obscures sans concertation dont il assume seul la charge mais aussi seul les initiatives bonnes ou mauvaises. En général, les résultats sont favorables et les critiques n'ont pas lieu d'être mais dans notre cas précis, il y a des raisons d'être mécontent.

 

  • La posture de la municipalité qui manipule les différents interlocuteurs depuis près de 15 ans en faisant croire à une signature de convention tout en repoussant sciemment l'affaire. Auraient-ils fini par accepter que cette convention les protège puisqu'elle les décharge de la responsabilité en cas d'accident au détriment de la FFME ? François Souret a su manoeuvrer habilement en passant par le "service des sports" et celui de la "politique de la ville". Il faut donc des relations haut placées pour débloquer de telle situation ?


 
Nous sommes étonnés de voir autant de rings, de relais chaînés collés à droite et à gauche. Surtout quand on sait que le CD13 FFME fournit ici sans compter alors qu'il est si drastique quand il s'agit des voies d'escalade ailleurs.


 


 
 


Via cordata équipée avec corde en place mais à ne pas utiliser avant la fin des travaux (ou par les professionnels ?).
 L'inacceptable : des barreaux scellés au départ d'une voie d'escalade déjà existante.

Multiplication de relais sur une vire !


 
 
 
Que faire et comment réagir maintenant que les textes sont signés (depuis 2008) ? Pas grand chose puisque la messe est dite.

Attendre que les travaux se terminent et profiter des lieux pour faire de la manip' de corde (génial ).
L'accès au site est ouvert à tous mais uniquement pour "l'apprentissage des techniques de corde de canyonisme". En tous cas, ce sont les termes qu'il faut utiliser si des autorités vous demandent les raisons de votre présence.


Réclamer des comptes au CD13 FFME et demander à l'avenir plus de communication et avertir à l'avance les acteurs locaux lorsque des projets de cette envergure se mettent en place pour éviter des erreurs regrettables.
Suivre le bilan du conventionnement et pousser l'extension à tous les secteurs d'escalade de l'Etoile Noire.



"Bon, sur ces indignations insignifiantes de conquérant de l'inutile, bonne grimpe !"


 

 
 
 
 
 

 
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 16:29



Sur la nouvelle esplanade du secteur du "Portail" à l'Etoile Noire de La Ciotat (voir l'article suivant), Matthieu s'arrange de la surprise des travaux gigantesques de terrassement et confirme sa séance de blocs avec son groupe d'enfants du club "Progression verticale".
Parfait pour l'initiation, il en avait nettoyé les sorties depuis quelques mois. Les chaines et rings inox collés deci et delà ne gênent pas l'escalade.



 
 

Le dicton dit "pas plus haut que trois pommes" mais ici, c'est "grand comme un crash-pad".
  Vigilance et rigueur pour canaliser cette quantité débordante d'énergie !



 

L'occasion est belle de prendre quelques photos de ces graines de grimpeurs aussi affamées que les grands.
A cet âge, leur jeu est de courir jusqu'au sommet sans se soucier de la recherche du geste. La difficulté et l'approche de ses limites ne sont donc pas à l'ordre du jour.

 
 

Privé de son projet de créer de toutes pièces quelques lignes en 3 pour ces apprentis grimpeurs au secteur du Portail (interdit à la pratique de l'escalade encordée, cf article suivant), Matthieu déménage et aménage une ancienne dalle avec quelques-uns des plus beaux spécimens de sa collection géologique. C'est comme à Bloc Session : rocher goujonné sur son support puis renforcé et camouflé au sika.


 




Les sceptiques diront que cette dalle nettoyée pour le bloc et parcourue par plusieurs passages en 4-5 n'auraient jamais dû être retouchée de la sorte. Mais, il faut se mettre face à la réalité. Le bloc, activité plus qu'à la mode si on en croit les forums spécialisés, n'arrive pas à décoller à l'Etoile Noire (et pourtant, il y a de quoi faire) ; les secteurs fréquentés restent le SDF et quelques ressauts près de la route. Cette dalle verra sans doute plus de passage de minots que de bloqueurs .

Si vos "microbes" et autres "ouistitis" ont les doigts qui les démangent, voici de quoi les rassasier en face Nord de l'Etoile Noire.

 
 

 
 
 
 


 

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 00:00


Quand un nouveau site apparait sous nos latitudes, c'est devenu un évènement dans le microcosme des grimpeurs phocéens. La suspicion est de mise face à une telle nouvelle : info ? Intox ? Fausse piste ?
Un an après, les dernières voies bouclent le chantier et l'heure est à l'avènement au grand jour (prochainement, une inauguration officielle avec distribution du topo).

"Mè, où essekecè ?"


Sous la route des Crêtes des falaises Soubeyrannes, Eric Valls, Nicolas Baey et leurs amis du club Aventures Soubeyrannes ont développé ce nouveau spot de couennes : la Boule des Emigrés.
Tirant son nom de la grosse boule de calcaire blanc dominant le sentier des crêtes (visible depuis le Belvédère), le site niche dans la barre sommitale coincée au-dessus du vieux secteur des Emigrés (et sa fameuse grotte, lieu de bivouac bien connu).
L'accès est relativement court (sentier des crêtes vers le sud-est jusqu'au passage de descente marqué et à la corde en place) mais conviendra peu aux familles puisqu'une main courante (sans marche) aide à descendre l'escarpement. Le pied de la face se termine en talus broussailleux et instable.


Plein sud-ouest, le rocher blanc crame au soleil alors les bonnes heures seront l'après-midi en hiver et le matin pendant les chaleurs.


Fruit d'un nettoyage titanesque, les voies sont encore chipseuses et certaines n'ont pas encore fini de dégorger. Méffi ! En petite forme, on pestera contre ce gratton de pied qui casse ou cette verticale qui s'effrite sous la pression.
Mais, c'est la loi de tout site récent, surtout ceux dont le rocher est plus "sucré". Il faut donc essuyer les plâtres (et ça durera encore pour bien des passages). L'équipement est en conséquence bien serré et donc, sécurisant avec des plaquettes inox (et quelques rings).


 
 
 
 
 
 
   
 
 



Quelques commentaires sur les lignes testées (les noms sont écrits sur les galets au pied des voies) :

"Tibet libre" 6c+ : pas mal.
"L'air débonnaire" 6a+ : plus on monte, plus on devine le pas de bloc pour justifier la difficulté. Et il attend l'arrivée juste sous le relais pour se dévoiler.
"Digitale Crucifixion" 6c+ : rocher assez solide avec de beaux mouvements en bas, un pas de bloc technique où il faut monter les pieds et s'étirer pour chopper la bonne prise et en fin, sortie dans des gouttes d'eaux superbes.
"Mini Demande" 6a : comme la célèbre fissure du Verdon mais ici, le rocher fait peur par son côté fracturé sans pourtant se désceller.
"Piège à cons" 5b+ : conques suspendues dans ce dièdre original avec du rocher fracturé à la sortie.
"Piège de cristal" 5c+ : l'originalité de grimper sur ces cristaux brillants mais friables.
"Piège à filles" 6a : jolie gestuelle et un peu de lecture pour bien passer le pas de bloc alliant blocage et extension.
"La Philanthropie de l'ouvrier charpentier" 6c+ : fissure en dévers qui penche pas mal. Des bonnes prises, des verrous utiles mais c'est bien dur pour les poids lourds.
"Serial Croiteur" 6a+ : une section fine avec une lecture importante pour trouver les prises et franchir la lèvre du dévers.
"Ecart de conduite" 7a(+) : une section bloc avec prises taillées.

Merci aux équipeurs pour le grand travail et ses nouvelles voies (22 lignes au total).


Avant de vous précipiter, sachez que le cadre est exceptionnel mais que le caillou ne garantit pas une compacité absolue. Le casque est bienvenu pour l'assureur car si les prises ne restent pas dans les mains, elles peuvent s'effriter sous les pieds des grimpeurs et arroser copieusement le sol.
Pour de nombreux avis, ce n'est pas le plus beau site d'escalade du coin, mais il a le mérite d'offrir quelques nouveautés aux ciotadens et surtout de varier les plaisirs pour les habitués du Sémaphore ou de l'Etoile Noire.


Prudence et tolérance pour ce nouveau secteur sont les préalables à une visite ... sinon, attendez quelques mois, ... années, ... pour la fin du nettoyage ?




 
 


 
 
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